Sortie des ouvriers de l'usine de fonderie à Dammarie sur Saulx en 1915.. 

Villages du fer

 

Le Bouchon sur Saulx

L'activité métallurgique est précoce, avant 1852 des scories caractéristiques attestant la présence de bas-fourneaux antiques auraient été découvertes sur la commune : A. Buvignier, 1852, p. 639, note 1. Malheureusement la localisation du site ne nous est pas parvenue.

Le village est mentionné pour la première fois au XIIe siècle, en 1142, dans le cartulaire de l'abbaye de Jeand'heures sous la forme Subtus Bunchin : Trésor des Chartes de Lorraine, Archives Départementales de Meurthe&Moselle. Il est probable qu'à cette période une fonderie eu été en activité. Avant la révolution les installations du XVIe siècle alimentées par le minerai de Biencourt sur Orge, Fouchères aux Bois et Le Bouchon sont détruites. On y avait fabriqué essentiellement des boulets de canon expédiés vers Paris par Saint Dizier. Une fonderie avec haut-fourneau et bocard est de nouveau en activité suite à une autorisation obtenue en 1842, le haut-fourneau est définitivement arrêté vers 1870. Des vestiges de cette installation sont encore visibles, en particulier les restes du bocard sur le canal de dérivation de la Saulx aujourd'hui comblé. A noter les toponymes anciens du lieu, "Le Bocard", "Chemin du Bocard", "Devant le Bocard", qui évoquent la présence de la fonderie. Le plan napoléonien de 1844 indique avec précision l'organisation spéciale du site. Il signale l'emplacement de deux roues (fig.1), l'une sur le canal de dérivation de la Saulx, l'autre sur son cours naturel aménagé, il s'agit de la roues hydraulique du bocard et de celle du patouillet. Le plan indique également plusieurs bâtiments sur la rive droite de la Saulx qui devaient appartenir à l'ensemble industriel, l'un d'eux abritait le haut-fourneau. Un bâtiment était encore en élévation en 2010 ( (fig.1) parcelle nº 1339 ) au lieu-dit "la bergerie" avant d’être rasé, il était le dernier représentant visible de l'activité métallurgique à Le Bouchon sur Saulx.   

Le plan cadastral parcellaire napoléonien

cadastre bouchon a     Situation de la fonderie par rapport au village telle qu'elle apparait sur le tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire napoléonien de 1844.

cadastre bouchon 3 a

(fig.1)  Organisation des bâtiments de la fonderie telle qu'elle apparaît sur le plan cadastral parcellaire napoléonien de 1844, Section A, 8e feuille. La roue hydrauliques du bocard et celle du patouillet sont matérialisées par des symboles circulaires.

Les vestiges visibles

 ( Cliquer sur les photos pour agrandir )

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Ménil sur Saulx

Un bocard à minerai est en fonction au XVIe siècle. L'activité métallurgique s'est spécialisée dans la fabrication d'instruments aratoires mais en 1899 elle se déplace vers Morley sous l'impulsion de l'entreprise Bernet-Charoy. Une fabrication de brouettes existe encore vers 1912. Quelques vestiges discrets du bocard et du canal subsistent au bord de la Saulx au lieu-dit "LE GRAND PRE".

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Dammarie sur Saulx

Des chaudronniers auvergnats sont à l'origine en 1590 du fourneau de Dammarie alimenté en minerai local. L'usine a été établie au XVIIe siècles, un haut-fourneau produisant de la fonte est construit en 1751. L'expansion se poursuit au XIXe siècle avec l'arrivée des frères Vivaux en 1840, qui adoptent des techniques modernes de récupération des gaz du gueulard en 1848 et le passage au coke en 1851. La famille Salin devient propriétaire des installations en 1855 et le haut-fourneau est éteint en 1892, mettant un terme à la production de fonte en Meuse. Cette industrie métallurgique subsiste encore de nos jours et produit à la fois des fontes d'art et des grosses pièces de fonte pour l'industrie.

eglise bouchon

 Les productions anciennes de l'usine de Dammarie sur Saulx sont encore bien présentes dans notre environnement, ici aux extrémités des bancs de l'église de Le Bouchon sur Saulx.

 

fonderie dammarie2 

 

 

Morley

Des forges à fer existent depuis le moyen-âge. Au XIe siecle, Morley est doté d'un fourneau avec soufflerie sur la rive droite de la Saulx. En 1586, un deuxième fourneau est ajouté, géré par un maître de forge de Chevillon, puis de Dammarie. Demenge Caillotel construit un nouveau fourneau sur la rive gauche, à l'endroit des forges actuelles. En 1810, un haut-fourneau est bâti, et l'usine, disposant de deux petits cubilots opère en seconde fusion avec des fontes locales. La production se fait à la main et ne dépasse pas deux tonnes par jour. Exploitée à partir de 1845 par les établissements Vivaux & Cie, l'usine est la première à utiliser les gaz du gueulard pour activer la combustion. En 1885, elle ferme ses portes. Louis Bernet reprend les bâtiments en 1891 et les transforme en une fabrique d'instruments aratoires de grande renommé, en inventant un système de charrue qui porte son nom. L’usine arrête cependant sa production en 1960. Le site, visible depuis la route, est devenu une exploitation agricole.

cadastre fourneau

  Organisation des bâtiments de l'usine dite du Fourneau telle qu'elle apparaît sur le plan cadastral parcellaire napoléonien de 1845, Section A, feuille 1.

 (cliquez sur les images)

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