Le Bouchon sur Saulx à travers les siècles

L'époque gallo romaine

Le site du village de Le Bouchon sur Saulx est occupé depuis l'époque gallo-romaine comme en atteste les découvertes archéologiques réalisées sur le territoire de la commune. La voie de la Saulx, venant de Menil-sur-Saulx, paraît correspondre au tracé de la RD 9. Elle traverse ensuite la commune par la grande rue, et rejoint le chemin d'exploitation au sud est du village dont le tracé semble coïncider. C.A.G. Meuse, 2001, p. 199, note 003 AH.

Sur les basses terrasses bordant les rives de la Saulx se trouvent quatre habitats qui s'apparentent à des établissements ruraux établis à l'écart de la voie romaine (200 m minimum). Seul le site de la Grasse Vache semble se trouver à ses abords (site de voie, relais ?). C.A.G. Meuse, 2001, p. 199, note 003 AH.

commodeAu lieu-dit Clos de la Chapelle, en 1845, H. de Widranges a découvert un habitat antique sur lequel on a recueilli en 1853 une monnaie de l'empereur Commode émise en 186 - 187 apr. J.-C. Cette monnaie est conservée au musée de Verdun. C.A.G. Meuse, 2001, p. 199, note 002 AH.

A proximité de la ferme Garçonnet, au sud-ouest d'une étable construite en 1973, lorscolonne romaine d'un décapage agricole en 1973 - 1974, ont été découverts plusieurs murs et un four domestique d'un habitat gallo romain. A l'est de l'étable, un caniveau de pierre jouxtant une surface dallée a été mis au jour. Au sud-est du bâtiment se trouvait une cave comblée par une couche de démolition renfermant des moellons, des charbons de bois, des plaques de pierres tendres brûlées (sans doute des lauzes) et des fragments d'enduits peints (bleus, rouges, roses). Les murs, en petits moellons joints par un mortier de chaux étaient peu épais (0,25 m) et étaient conservés sur 14 assises. Au sommet de l'arase d'une des maçonneries, un soupirail a été observé. Dans l'angle sud-ouest de cette pièce excavée se trouvait une table en pierre tendre conservée aujourd'hui par la commune. C.A.G. Meuse, 2001, p. 199, note 001 AH.

Avant 1852, des scories attestant la présence de bas fourneaux "antiques" auraient été découvertes sur la commune: A. Buvignier, 1852, p. 639, note 1.

 table romaine

Plateau de table octogonal gallo romain en pierre dite "de Savonnière" découvert lors d'une fouille archéologique réalisée à Le Bouchon sur Saulx. 

 

L'époque mérovingienne

Au lieu-dit Cercueil, à 700 m du village, et à la Hallière, à une centaine de mètres au sud-est, en 1871 et dans les années 60, plusieurs sarcophages d'une nécropole mérovingienne du VIIe siècle ont été mis au jour. Lors de labours en 1971, un agriculteur a exhumé d'autres sépultures mérovingiennes. P. Demandre a fouillé huit inhumations, orientées ouest-est, toutes sauf une en pleine terre, en sarcophages trapézoïdaux en calcaire oolithique du Perthois. Seuls deux couvercles sont conservés. Le sarcophage le plus intéressant et le mobilier doit dater du deuxième et troisième tiers de VIIe siècle, céramiques, gobelet en verre, 3 garnitures de ceinture en fer, couteaux et perles monochromes. Mobilier conservé dans la commune : Le Pays lorrain, 1967, p. 169; L'Est Républicain, 1972. L'habitat associé à cet espace funéraire pourrait se trouver en contrebas, sous le hameau qui est mentionné seulement au XIIe siècle dans le cartulaire de l'abbaye de Jeand'heures (1141, Subtus Bunchin). C.A.G. Meuse, 2001, p. 200, note 007 AH.

A Notre-Dame de l'Epine, en 1968, deux sarcophages ont été découverts (mérovingiens ?) et des fragments de croix en pierre. C.A.G. Meuse, 2001, p. 200, note 006 AH.

 

L'époque médiévale

viergeLe village est mentionné pour la première fois au XIIe siècle, en 1143, dans le cartulaire de Jeand'heures sous la forme Subtus BunchinTrésor des Chartes de Lorraine, Archives Départementales de Meurthe&Moselle.

Le moyen-âge est mal documenté et nous disposons de peu d'informations. Malgré les remaniements successifs, le château de Le Bouchon sur Saulx conserve des éléments d'architecture qui permettent de situer sa construction vers le XIVe siècle.

Dans l'église actuelle se trouve la statue polychrome en bois sculptée du XIIIe - XIVe siècle. La tradition populaire raconte que cette vierge à l'enfant aurait été trouvée au XIIe siècle dans un buisson d'épine, sur les lieux de l'ancien hameau (encore mal localisé) Subtus Bunchin. Cette statue fait toujours l'objet d'un pèlerinage annuel. 

 

L'époque moderne

Le 29 juin 1544, Ligny-en-Barrois est assiégé et en partie détruite par les troupes de Charles Quint. A cette occasion, la sainte image de Notre Dame des Vertus subtilisée par un reître (cavalier Allemand mercenaire), mais la peinture est par hasard retrouvée à Le Bouchon sur Saulx par le laboureur Jean Leliepvre, et revient à Ligny en grande procession, 37 ans plus tard en 1581.

Les troupes de Charles Quint progressent vers Saint-Dizier qu'elles attaquent le 12 juillet 1544. Entre le 29 juin et le 12 juillet, le hameau du bouchon, situé sur le passage de la troupe, est détruit par les assaillants. La population se serait alors réfugiée au château situé à environs 700 m au nord ouest du hameau aujourd'hui disparu. Malgré ses éléments défensifs, cet édifice, probablement construit à la fin du XIVe siècle, devait s'apparenter davantage à une maison forte plutôt qu'à une forteresse.

L'activité métallurgique, précoce dans le village, se poursuit au fur et à mesure des siècles. En 1556 est mentionné un haut fourneau. Au XVIIe siècle, la fabrication est spécialisée dans les boulets de canon qui sont livrés à Paris.